L’insurrection des Ouled Sidi Cheikh

 

 

Le soulèvement des Ouled Sidi Cheikh 

Le contexte 

Des milliers d’hectares ont été pillés en 1871 notamment après l’insurrection de Mokrani, et des milliers de colons se sont installés sur les grandes plaines exploitant les paysans algériens. La résistance qui s’est poursuivie dans un premier temps par les armes avec les insurrections des Zaâtcha (1844), des Ouled Sidi Cheikh (1864), de Mokrani, Boumezreg et Cheikh El-Haddad (1871), de Bouamama (1881), démontrent que le combat a revêtu, à la fin du siècle, des formes culturelles, religieuses et sociales décisives qui ont réussi à préserver le ciment de la personnalité algérienne : l’Islam et la langue arabe, fondements essentiels du mouvement national.

Les révoltes avaient comme matrice générale la riposte contre la politique coloniale qui se particularisait par l’expropriation des terres agricoles et l’encouragement à la colonisation.

L’extrait du tableau ci dessous tiré de l’ouvrage de Amar Amoura "Résumé de l’histoire d’Algérie Édition Raihana 2002 (p 177) révèle l’évolution de la colonisation et superficies en hectares cultivées par les colons.

D’après l’ouvrage de Amar Amirou "Résumé de l’Histoire d’Algérie" (p 224)

A l’origine …..

"En 1864 l’insurrection fut déclenchée à cause des mauvais traitements subis de la part des autorités coloniales particulièrement après l’affront subi par Si Fodil, secrétaire de Si Slimane, leader des Ouled Sidi Cheikh, de la part des troupes du bureau arabe d’El Bayadh"(…)

"Si Slimane abandonna la responsabilité de Bachagha (…) institua une assemblée guerrière avec les membres de sa famille et décrétèrent la guerre sainte (Djihad) contre les troupes d’occupation"

La traînée de poudre …

"La révolution pris de l’ampleur et se propagea à différents régions sous la conduite de Si Laala dans l’est du Sahara à Ouargla, de Si Belhadj dans l’Ouarsenis, de Naimi Ould Djedid à Boghar. Ils commencèrent à s’attaquer aux garnisons françaises "

D’après Le Général O Meynier (Directeur du territoire du Sud) dans les cahiers du centenaire Tome II "La pacification du Sahara et la pénétration Saharienne 1852-1930 (p 12) il reconnaît la résistance par ces termes : 

"C’est en 1864 qu’éclate l’insurrection des Ouled Sidi Cheikh (…) qui se répandit comme une traînée de poudre jusque dans l’extrême Sud Algérien et même vers Touggourt où elle allait demeurait endémique, jusqu’à l’occupation militaire des Oasis. La guerre de 1870-1871 vint encore paralyser notre action et empêcha notre occupation militaire et notre main mise économique de progresser au Sud des limites déjà atteinte."

M. Boualem Bessaieh dans son ouvrage "Etendard interdit" Edition Sindbad Année 1976 et préfacé par J Berque(p 27) livre le témoignage suivant :

La bataille de Ain Boubakeur :

"Le 08 avril 1864 un drame sanglant déroulait ses sombres et héroïques péripéties de Ain Boubekeur. Le lieutenant colonel Beaupretre, commandant supérieur de cercle de Tiaret quelque officiers et cent officiers d’infanterie, trahis par le Goum des Harar, succombaient glorieusement  jusqu’au dernier dans une lutte de dix contre un. Ce triste événement que rien ne laissait prévoir retentit plus douloureusement au cœur de la France"(…)

L’échange de Razzia (Témoignage de Maurice Wahl dans son ouvrage "Algérie")

"Les Ouled Sidi Cheikh continuèrent la lutte .Pendant les années 1866/1867 ce fut entre eux et nous un échange de razzia, de surprises et de coup de mains, où nous n’avions pas toujours l’avantage"

Les tentatives de négociations, d’après Mr A. Amirou dans son ouvrage "résumé de histoire d’Algérie" :

"Malgré les tentatives des autorités françaises d’engager des négociations avec les Ouled Sidi Cheikh pour l’arrêt des combats rien n’y fit. La situation resta telle qu’elle était. L’action des insurgés diminua d’intensité jusqu’à l’arrivée d’un nouveau chef à la tète des Ouled Sidi Cheikh ayant un ascendant certain : Cheikh Bouamama

Le soulèvement du Cheikh Bouamama

L’épopée du Cheikh Bouamama (Film de Benamar Bakhti. Scénario B Bessaieh)

·         S’appuyant sur des écrits d’hommes de lettres ou de chercheurs en histore, il est livré quelques éléments relatifs à l’histoire retraçant l’insurrection de Bouamama et ce dans le but de servir de repères pour donner un éclairage sur cette période

·         Par ailleurs l’opportunité est saisie pour insérer l’hommage rendu par Mr le Président de la République à Cheikh Bouamama à l’occasion de la commémoration du 97ème anniversaire de la mort du Cheikh dans une lettre adressée à ses heritiers.(19/5/03)

M. Amar Amirou dans son ouvrage "Résumé de l’Histoire d’Algérie" (p 229)

Un chef de Zaouia 

"Le cheikh Bouamama Ben Larbi Ben Tedj  est issu de la famille des Ouled Sidi Cheikh, des Ghraba. C’était un chef de Zaouia, très pieux de la confrérie des Kadiria"(…)En égard à sa gentillesse et sa piété sa réputation se répandit parmi les tribus et ses fidèles étaient très nombreux, ce qui troubla les autorités françaises représentées par les bureaux arabes"(…)

"Les autorités françaises interdirent aux populations de rendre visite à cette Zaouia et rapprochèrent la surveillance autour de sa personne ce qui énerva le Cheikh Bouamama. Il se dirigea à El Bayadh pour se plaindre(…). Il planifiait avec ses fidèles une insurrection. Il leur demanda alors de ramasser armes et munitions et de se préparer au Djihad ."

L’ouverture des hostilités (p 230)

"Il ouvrit les hostilités contre les troupes françaises le 22 avril 1881. Les Moudjahidin commencèrent par tuer l’adjoint au chef du bureau arabe Weinbrenner et attaquèrent les fermes des colons et détruisirent les unités de production et les institutions économiques françaises."

L’appel à la guerre sainte (Djihad) de Bouamama

"A nos Frères des tribus de Chaambas et particulièrement leurs notables et chefs, tribus par tribus, sans distinction; Que Dieu vous donne la sagesse et vous aide pour faire du bien et le Djihad : que le Salut de Dieu soit sur vous. Je vous annonce et vous apprend que nous désirons vous rencontrer pour discuter au sujet du Djihad. L’appel du Djihad est un acte de piété tel qu’ordonné par Dieu et par son prophète Mahomet que le salut et la paix soit sur lui. Par ordre des gens de Dieu, que celui qui réponde par l’affirmative nous retrouve à Hliat. Tel est notre vœu pieux et notre sermon sincère. Nous ne désirons pas rencontrer ceux qui sont contraires à cet appel au Djihad."

La bataille de Frenda (p 230)

"Le cheikh Bouamama engagea différentes batailles contre les troupes françaises et leur infligea une lourde défaite dans la bataille de Frenda ce qui poussa l’ennemi à se retire à Ain Sefra. Il y a eut également la grande bataille de Chellala et combats prirent de l’envergure."

La bataille de Chellala
 (Source musée du Djihad Alger)

"Les combats eurent lieu aussi dans les régions de Tiaret, Saida et Ain Salah. Les autorités colonialistes ramenèrent alors de grands renforts avec l’artillerie lourde pour contrer les troupes de Bouamama"

Le refus de négociations et l’exil au Maroc

"Les autorités françaises lui proposèrent alors des négociations de paix, mais il refusa et continua à harceler les troupes ennemies jusqu’en 1883, année au cours de laquelle ses fidèles déposèrent les armes"(…)

"Le Cheikh Bouamama s’exila au Maroc où il installa sa Zaouia et trouva la mort en 1909"

Mr Boualem Bessaieh dans son ouvrage "Etendard interdit" Edition Sindbad Année 1976 et préfacé par J. Berque (p 29) livre son témoignage en ces termes :


De l’étincelle à la traînée de poudre… 
  

Tout commença le 22 avril 1881. Le chef du bureau arabe d’El Bayadh, le lieutenant Weinbrenner, fut assassiné alors qu’il tentait de capturer les émissaires de Bouamama, de plus en plus nombreux et forts actifs. La nouvelle fut vite connue et donna le signal d’une révolte "plus étendue et plus meurtrière que les précédentes"

·         Du témoignage de Charles-Robert Ageron, dans son ouvrage" Les Algériens musulmans et la France" écrit" :

"On connaît les épisodes essentiels de ce qu’on appelé essentiels de ce qu’on appelle, non sans quelque impropriété, l’insurrection du Sud Oranais. Les bandes insurgées de Bouamama résistèrent le 10 mai au premier choc de nos troupes puis, glissant à travers nos colonnes, pénétrèrent dans la région de Tiaret, Frenda et Saida, portant le pillage, l’incendie et le meurtre aussi bien parmi les indigènes que sur les chantiers européens d’exploitation d’alpha; elles réussirent à regagner le Sud avant de reparaître dans les mêmes régions, aidés de contingents de Harrar Cheraga en juillet 1881 pour disparaître à nouveau. A l’automne, les bandes furent rejetées en territoires marocain d’où elles procèdent d’ailleurs à de nouvelles incursions, et cela jusqu’en mai 1883"

Hommage du Président de la République Mr A. BOUTEFLIKA cheikh Bouamama

La lettre adressée aux héritiers du cheikh Bouamama par le président de la république M.Abdelaziz Bouteflika à l’occasion de la commémoration du 97ème anniversaire de la mort du Cheikh. (19/05/03)

Extraits

 »Cette personnalité hors du commun qui a forcé l’admiration aussi bien des amis et des ennemis (…) une personnalité forte qui a farouchement défendu la patrie, le droit, la religion et l’honneur ». Cheikh Bouamama  a consacré sa vie au djihad et à la lutte. A peine la résistance de Ouled Cheikh s’est elle relâchée, que l’appel au djihad a retenti tel un tonnerre dans tout le pays ravivant la flamme de la lutte jusqu’à la victoire ».

C’était  »un appel et un cri de Bouamama à la face du colonisateur », et  »l’énergie extraordinaire qui l’a animée dans son combat soutenu en dépit des aléas et difficultés qui ont entrave son chemin, lui qui a entamé sa marche arme seulement de son amour pour la patrie et sa détermination de la libérer du joug colonial ». »Le temps a démontré que Bouamama n’était pas seulement un imam et un savant mais également un homme politique, un moudjahid courageux et un diplomate expérimenté », et  »grâce a ses nombreux contacts Bouamama a mis à mal la propagande française selon laquelle la révolution était confinée dans la région de Ain Sefra, El Bayadh et Labiod Sidi Echeikh »; cette révolution nous pousse à la méditation et à la réflexion sur les actions des enfants d’Algérie au fil du temps et sur ce qu’ils ont enduré pour la fierté et la gloire du pays ».

"Le devoir de fierté et de gloire nous imposent d’intensifier les efforts et de persévérer dans la recherche des pages d’histoire, ciment de l’unité nationale car le djihad des générations successives était, de tout temps, mené pour une Algérie forte et digne et nous n’avons pas le droit de négliger ce qui est susceptible de consolider et de renforcer l’unité nationale ».

 

 

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